La Triade est un projet de marchand de biens porté par La Première Brique à Montpellier, avec un rendement annoncé de 12 % par an sur une durée cible de 12 mois (fenêtre 6 à 24 mois). L’opération finance l’acquisition et la restructuration légère d’un immeuble de bureaux de 2 771 m², rue Samuel Morse, en vue d’une revente à la découpe en 25 cellules. La collecte est ouverte, déjà remplie à 74 % (3,24 M€ sur 4,37 M€), garantie par une fiducie sur l’actif et un séquestre d’intérêts de 12 mois. Nous vous conseillons de lire notre analyse détaillée avant de vous positionner : le rendement est attractif, mais le passif du porteur mérite une attention particulière.

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En résumé

Type : marchand de biens, revente à la découpe de bureaux
Rendement : 12,00 % par an, versement mensuel des intérêts
Durée cible : 12 mois (fourchette 6 à 24 mois)
Garantie principale : fiducie sur l’actif (couverture 91 % en l’état, 141 % à la découpe)
Sécurités complémentaires : caution personnelle 5,24 M€, séquestre 12 mois d’intérêts, décaissement au fil de l’eau
Ticket d’entrée : 1 €
Notre note globale : 6,5/10

Voir le projet La Triade sur La Première Brique

Présentation du projet La Triade

Le porteur de projet acquiert un immeuble de bureaux libre de toute occupation, situé au 215 rue Samuel Morse à Montpellier, dans le département de l’Hérault. La stratégie consiste à restructurer légèrement le bâtiment (travaux marginaux de 282 480 €, soit 118 €/m²) puis à le revendre à la découpe en 25 cellules indépendantes de 50 à 200 m². Cette approche vise à revaloriser l’actif en s’adressant à des utilisateurs finaux (TPE, professions libérales, indépendants) et à des investisseurs locaux qui achètent au lot.

Immeuble de bureaux La Triade à Montpellier avant restructuration
L’immeuble de 2 771 m2 avant restructuration, rue Samuel Morse à Montpellier.

La pré-commercialisation est déjà bien avancée : à date, 12 lots sont sécurisés sous contrats de réservation, ce qui représente 48 % des lots et 41 % du chiffre d’affaires prévisionnel (2,545 M€ sur 6,22 M€). Concrètement, cela signifie qu’un tiers de la sortie est déjà contractualisée avant même le premier coup de pelle, ce qui réduit considérablement le risque commercial de l’opération. Un expert immobilier mandaté par La Première Brique a par ailleurs visité l’actif et validé les prix de sortie retenus, avec une valorisation à 3,97 M€ en l’état et 6,17 M€ après travaux et découpe.

Les chiffres clés de l’opération

Avant de rentrer dans le détail, voici la synthèse financière du projet La Triade telle qu’elle apparaît sur la plateforme.

Indicateur Valeur
Rendement annuel brut 12,00 % / an
Durée cible 12 mois (fourchette 6 à 24 mois)
Mode de remboursement Mensuel avec séquestre
Séquestre d’intérêts 12 mois d’intérêts sécurisés en amont
Objectif de collecte 4 367 000 € (85,56 % du financement total)
Apport porteur 736 874 € (14,44 %)
Coût total de l’opération 5 103 874 €
Revenu estimé à la revente 6 220 000 €
Marge attendue 1 116 126 € (18 %)
Ticket d’entrée 1 €
Chiffres officiels du projet La Triade, La Première Brique, septembre 2026.

Le rendement de 12 % se situe dans le haut de la fourchette du crowdfunding immobilier français en 2026, où la moyenne oscille autour de 10 à 11 % selon les baromètres HelloCrowdfunding et Fundimmo. À noter que ce type d’opération marchand de biens justifie généralement une prime de risque par rapport aux projets de trésorerie d’exploitation. Le mode de remboursement mensuel est un point différenciant : contrairement à un remboursement in fine où l’investisseur touche capital et intérêts uniquement à la sortie, ici les intérêts tombent chaque mois, ce qui améliore le cash-flow personnel et rassure sur la solvabilité du porteur au fil de la vie du projet.

Analyse des garanties : le socle du dossier

C’est probablement le point le plus solide du projet La Triade. La Première Brique a superposé plusieurs couches de sécurisation qu’il convient de détailler individuellement pour bien mesurer la qualité du dossier.

La fiducie sur actif

La fiducie est considérée comme la reine des garanties en crowdfunding immobilier. Contrairement à une hypothèque de deuxième rang souvent en concurrence avec la banque, la fiducie transfère juridiquement la propriété de l’actif à un tiers de confiance (le fiduciaire), avec pour bénéficiaires les investisseurs. En cas de défaut du porteur, l’actif peut être vendu directement au profit des créanciers, sans passer par la case saisie immobilière.

Ici, la fiducie porte sur l’ensemble immobilier acquis et couvre :

  • 91 % du montant collecté selon la valorisation en l’état et en bloc (3,97 M€)
  • 141 % du montant collecté selon la valorisation à la découpe et après travaux (5,60 M€ retenus)
  • 142 % selon le chiffre d’affaires cible (6,22 M€)

Concrètement, cela signifie qu’un défaut suivi d’une revente forcée dans les conditions actuelles du marché récupèrerait quasiment la totalité du capital investi, sans même compter la marge. C’est un niveau de couverture solide, à mettre en perspective avec des projets où la garantie ne couvre que 60 à 80 %.

La caution personnelle du porteur

Le porteur de projet s’engage à titre personnel à hauteur de 5 240 400 €, soit un montant supérieur au capital emprunté. Cette caution personnelle vient s’ajouter à la fiducie et permet, en cas de défaillance de la société porteuse, de rechercher directement le patrimoine personnel du dirigeant. Attention toutefois : une caution ne vaut que par la solvabilité du signataire (voir plus loin la section porteur).

Le séquestre des intérêts sur 12 mois

Sur la durée cible de l’opération (12 mois), La Première Brique séquestre l’équivalent d’un an d’intérêts dès le closing de la collecte. Ce mécanisme garantit le versement mensuel des intérêts aux investisseurs, quelle que soit la trésorerie effective du porteur au moment des échéances. En pratique, cela évite les retards de paiement qui constituent le premier signal d’alerte sur ce type d’investissement.

Le suivi du décaissement

Les 282 480 € de travaux sont décaissés au fil de l’eau, sur présentation de factures, et supervisés via Aircap, prestataire d’open banking utilisé par La Première Brique. Cette rigueur limite le risque de détournement de fonds à des fins non liées au projet.

Localisation et marché immobilier de Montpellier

Montpellier reste l’un des marchés tertiaires les plus dynamiques du grand Sud, portée par la croissance démographique (+1,5 % par an), l’attractivité étudiante (75 000 étudiants) et la montée en puissance de l’écosystème French Tech. Le quartier du Millénaire, où se situe la rue Samuel Morse, concentre historiquement les bureaux tertiaires de la métropole, avec une bonne desserte tramway (ligne 1) et une proximité immédiate avec l’autoroute A9.

Quartier de la rue Samuel Morse à Montpellier, zone tertiaire du Millénaire
Vue du secteur tertiaire, quartier du Millénaire, Montpellier.

Le marché de la vente au lot de bureaux à Montpellier reste relativement liquide sur les tickets 50 à 200 m², cible visée par le porteur. Ces surfaces intéressent les TPE-PME locales, les professions libérales (médecins, avocats, experts-comptables) et les investisseurs individuels cherchant à externaliser leur bail. Le prix de sortie retenu (environ 2 500 à 2 700 €/m²) est cohérent avec les références récentes du secteur, ce que confirme l’expert mandaté.

Il convient de noter un point de vigilance sectoriel : le marché du bureau français traverse depuis 2023 une phase de recomposition liée à la généralisation du télétravail, avec une pression sur les grandes surfaces (plus de 500 m²). Ici, la stratégie de découpe en petites cellules protège en partie de ce risque, les surfaces sub-200 m² restant plus recherchées.

Le porteur de projet : le vrai point d’attention

C’est ici que le dossier appelle le plus de nuances. La Première Brique indique clairement dans les points d’attention que l’opérateur a fait l’objet de deux liquidations judiciaires, intervenues pendant la période Covid. Selon la plateforme, ces procédures étaient liées à plusieurs refus de permis de construire ayant entraîné des tensions de trésorerie, et le porteur a depuis mobilisé ses ressources pour rembourser l’ensemble de ses engagements professionnels comme personnels.

La situation actuelle est présentée comme assainie, ce que renforce la superposition des garanties (fiducie, caution, séquestre, open banking). Reste que deux liquidations au compteur constituent un signal fort qu’il faut peser lucidement : cela ne signifie pas nécessairement que le porteur est incompétent, mais que sa capacité à absorber un choc externe (marché immobilier, taux, litige) est historiquement plus fragile que celle d’un opérateur au parcours linéaire.

Nous vous conseillons de considérer ce paramètre comme le principal risque du dossier, plus encore que le rendement affiché de 12 %. L’atténuation vient du fait que la protection n’est plus adossée uniquement à la solvabilité du porteur, mais à la valeur intrinsèque du bien via la fiducie.

Points forts et points d’attention

Avantages

  • Rendement de 12 % / an au-dessus de la moyenne du crowdfunding immobilier
  • Fiducie sur actif couvrant 141 % du capital selon la valorisation à la découpe
  • Pré-commercialisation avancée : 48 % des lots déjà réservés avant travaux
  • Séquestre de 12 mois d’intérêts et remboursement mensuel
  • Travaux marginaux (6 % du coût de revient), risque chantier limité
  • Actif situé à Montpellier, marché tertiaire liquide sur petites surfaces

Inconvénients

  • Deux liquidations judiciaires antérieures dans le passé du porteur
  • Opération marchand de biens : dépendance à l’évolution du marché tertiaire
  • Durée pouvant s’étendre jusqu’à 24 mois en cas de commercialisation ralentie
  • Sortie dépendante de 25 acquéreurs distincts (fragmentation)
  • Marché du bureau français globalement en recomposition depuis 2023

Les risques à connaître avant d’investir

Le crowdfunding immobilier reste un placement à risque, y compris lorsque le dossier est bien structuré. Nous listons ici les scénarios défavorables à envisager avant d’engager votre capital sur La Triade.

Risque de perte en capital. Comme tout investissement en obligations non cotées via un PSFP, le capital n’est pas garanti. En cas de défaut du porteur et si la revente forcée de l’actif ne couvre pas la totalité des créances, une partie du capital investi peut être définitivement perdue.

Risque d’allongement de la durée. La durée cible est fixée à 12 mois mais la fourchette contractuelle va jusqu’à 24 mois. Un allongement pénalise le TRI (taux de rentabilité interne) réel, même si les intérêts continuent de courir au taux nominal.

Risque d’illiquidité. Il n’existe pas de marché secondaire actif pour ce type d’obligations : votre capital est bloqué jusqu’à la sortie de l’opération, sans possibilité de revente anticipée.

Risque fiscal. Les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). Sur un rendement affiché de 12 %, le rendement net après fiscalité tombe à environ 8,4 %.

Notre avis : faut-il investir dans La Triade ?

Le projet La Triade présente un profil rendement/risque équilibré mais atypique. La qualité du montage juridique (fiducie 141 %, caution personnelle, séquestre) et la pré-commercialisation avancée sont des atouts objectifs qui justifient le rendement de 12 %. À l’inverse, l’historique du porteur constitue une réserve sérieuse qui doit dicter la taille de votre ticket.

Notre conviction : ce projet peut trouver sa place dans un portefeuille de crowdfunding immobilier diversifié (au minimum 8 à 10 lignes), avec un ticket compris entre 0,5 % et 1,5 % de la poche crowdfunding, jamais davantage. Il n’est pas adapté à un investisseur qui découvre le crowdfunding et qui y consacrerait une part significative de son épargne : le duo bureaux tertiaires + porteur au passé chargé demande d’avoir déjà vu passer plusieurs cycles.

Notre note globale : La Triade

8/10
Rendement
8/10
Garanties
4/10
Track record
5/10
Type opération
6/10
Localisation
8/10
Sortie

Note globale pondérée : 6,5/10

Rappel réglementaire

Investir en crowdfunding immobilier présente un risque de perte partielle ou totale du capital investi ainsi qu’un risque d’illiquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La Première Brique est agréée par l’AMF en tant que Prestataire de Services de Financement Participatif (PSFP) sous le numéro FP-2023-15.

Voir le projet La Triade sur La Première Brique

FAQ : questions fréquentes sur La Triade et La Première Brique

Comment investir dans le projet La Triade ?

Vous devez d’abord créer un compte sur La Première Brique, compléter votre profil investisseur (test d’adéquation et pièce d’identité) puis alimenter votre porte-monnaie par virement. Une fois le compte validé, il suffit de sélectionner le projet La Triade et d’indiquer le montant investi (à partir de 1 €). L’opération se souscrit sous forme d’obligations émises par la société de projet.

Quels sont les vrais risques du projet ?

Les principaux risques sont : la perte en capital en cas de défaut non couvert par la fiducie, l’allongement de la durée jusqu’à 24 mois si la commercialisation ralentit, et l’illiquidité (impossible de sortir avant échéance). Le passif du porteur (deux liquidations Covid) est le point d’attention majeur, partiellement atténué par la fiducie sur actif.

Quelle fiscalité s’applique aux intérêts perçus ?

Les intérêts issus du crowdfunding immobilier sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, prélevé à la source. Ce PFU se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Les investisseurs dont la tranche marginale d’imposition est inférieure à 12,8 % peuvent opter pour le barème progressif dans leur déclaration annuelle.

Quand est-on remboursé de son investissement ?

Les intérêts sont versés mensuellement grâce au séquestre de 12 mois d’intérêts constitué au closing de la collecte. Le capital est remboursé in fine, à la clôture de l’opération, soit à échéance de la durée cible de 12 mois, soit au plus tard dans un délai maximum de 24 mois selon les conditions contractuelles.

Le rendement de 12 % est-il net ou brut ?

Il s’agit d’un rendement brut annuel avant fiscalité. Après application du PFU de 30 %, le rendement net revient à environ 8,4 % par an. Pour un investissement de 5 000 € sur 12 mois, les intérêts bruts s’élèvent à 600 € et les intérêts nets à 420 € après prélèvements.

La collecte va-t-elle partir vite ?

À date, la collecte est déjà remplie à 74 % (3,24 M€ sur 4,37 M€). Compte tenu du rythme d’investissement observé sur La Première Brique pour les projets à 12 % avec fiducie, le solde peut se combler en quelques heures ou quelques jours. Si vous souhaitez investir, il est préférable d’avoir votre compte validé et votre porte-monnaie alimenté en amont pour ne pas manquer la fenêtre.

Peut-on investir via une SCI ou une société ?

Oui, La Première Brique accepte les personnes physiques comme les personnes morales (SCI à l’impôt sur les sociétés, holding patrimoniale, SASU). L’ouverture du compte pro nécessite les statuts, le Kbis et une pièce d’identité du représentant légal. Investir via une société patrimoniale à l’IS permet notamment de capitaliser les intérêts sans PFU immédiat.

Avertissement
Cet article est une analyse indépendante à visée pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Faites votre propre analyse ou consultez un conseiller avant toute décision.